Le handicap mental au Sénégal

Que faire alors dès lors que la déficience est soupçonnée ?

Dès le moindre soupçon de déficience ou de menace de déficience chez la femme gravide, le nouveau-né, le nourrisson ou l’enfant, il faut adopter de façon aussi précoce que possible les attitudes qui s’imposent.

- Procéder d’abord à un examen aussi minutieux que possible en débutant par un interrogatoire approfondi auprès des parents et de l’entourage. Cet examen permettra de mettre à jour les différents troubles et imperfections intellectuels, somatiques, comportementaux, affectifs et autres qui pourraient toucher le nouveau né ou le jeune enfant.

- Ensuite, il s’agira de faire un bilan paraclinique complet. A ce niveau, tout examen utile devra être demandé dans le but de faire la lumière sur le cas rencontré.

Le bilan psychométrique pour évaluer le niveau de déficience est important mais complexe. Dans les pays en voie de développement, ce niveau est grossièrement apprécié par rapport à l’age réel et à l’age mental.

Cependant, ailleurs, une appréciation plus précise de ces deux paramètres permet de calculer le quotient intellectuel : QI = age mental/age réel * 100.

Grâce au QI et aux épreuves de Piaget, on peut mieux apprécier et mieux classer maintenant les états de déficience mentale. Ainsi, on a pu faire la classification suivante :

  • de 70 à 85 : déficience mentale légère ;
  • de 50 à 70 : déficience mentale moyenne ;
  • de 30 à 50 : déficience mentale profonde.
  • En dessous de 30, c’est l’arriération mentale profonde, irrécupérable.

Cependant, il faut adopter une certaine souplesse quant aux chiffres car parfois, ils peuvent induire en erreur. Malgré tout, même si elle n’est pas parfaite, cette catégorisation de la déficience mentale permet une meilleure orientation thérapeutique et réeducationnelle et aide à éviter certaines erreurs et pertes de temps.

Parallèlement, d’autres bilans peuvent être effectués : bilan orthophonique, psychomotricien, psychologique et social des parents et de l’enfant, bilan pédagogique… etc. Il va de soit que tous les bilans du registre médical habituel devront être effectués chaque fois que besoin : radiographies, tracés électriques, analyses sanguines…

- Après cet inventaire médical et paramédical, il devrait y avoir normalement une orientation diagnostique et dès ce moment, un traitement peut être entrepris : médicamenteux, psychologique, orthophonique, psychomotricien…Une pédagogie spécialisée sera souvent nécessaire.

On le constate donc, le traitement ne peut-être que pluridisciplinaire, faisant intervenir des spécialistes de différentes formations.

Des mesures particulières seront souvent prises : hospitalisation en internat ou externat médico-psycho-pédagogique, placement familial en cas de famille à problèmes, orientation professionnelle précoce et adaptée, éducation en milieu protégé ou surveillé...

- Dans le cadre général, des efforts de dépistage précoce sont indispensables car seules attitudes pouvant permettre des actions précoces avec le maximum d’efficacité. Dans ce même cadre, les efforts de prévention sont indispensables : suivi des grossesses, surveillance des accouchements, suivi des enfants à bas âge avec surveillance des vaccinations, rapidité d’intervention dans certaines maladies, assistance des familles à problèmes, des enfants maltraités ou victimes de sévices, éducation et sensibilisation de la population, conseils eugéniques à propos de certaines familles pour éviter certaines unions et certaines naissances : consanguinité à tares, incompatibilité génétique…

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